Histoire. Les années de plomb version amazighe

Histoire. Les années de plomb version amazighe
Avant de se révéler au grand jour et d'avoir un Institut royal dédié à sa cause, le mouvement amazigh a longtemps été réprimé. Flashback en dates.
1980. “Tu l'as échappé belle, cette fois-ci
Il est environ 1h00 du matin dans cette nuit de l'été 1980. Un 4x4 vient de percuter la voiture de Brahim Akhyat, militant amazigh, sur le boulevard Hassan II à Inezgane. “C'était le véhicule d'un capitaine de police. Ils voulaient me projeter contre un poids-lourd qui venait en face, mais je m'en suis tiré avec quelques blessures aux bras et aux
jambes”, raconte Akhyat, qui participait à l'époque aux travaux de la quatrième session de l'Université d'été de la culture amazighe. “Les policiers m'ont retiré mon permis de conduire et ont refusé d'établir un constat. Ils m'ont même dit : tu t'en es tiré cette fois-ci, remercie Dieu et rentre chez toi”. L'incident, enregistré sous X, a eu lieu en même temps que les événements sanglants de Tizi Ouzou, en Algérie, dans le cadre de ce qui fut appelé “Le printemps de la culture amazighe”. Directement après la fin des travaux de ladite Université d'été, Hassan II avait affirmé la nécessité de créer un comité chargé de la culture amazighe au sein de l'Académie du Royaume. “Alors que, peu avant, le roi avait formellement déclaré que le mouvement amazigh n'existait pas au Maroc”, se souvient Akhyat.

1981. Disparu pour la cause
Le militant amazigh et marxiste-léniniste, Boujemâa Habbaz, est entré dans l'appartement situé au 57, rue Melouia, à Rabat, où il habitait avec l'un de ses amis. Plus personne ne le reverra depuis ce 19 avril 1981. “On a raconté qu'il était devenu fou, qu'il s'était suicidé. Le dossier est resté un mystère, jusqu'à ce j'aie pu recueillir le témoignage de son ami Abdellatif Al Mouhtadi, le dernier à l'avoir vu avant sa disparition”, explique le chercheur Saïd Baji. Le témoignage, donné par Baji dans son livre Enlevé sans adresse, raconte comment Boujemâa a été victime d'un piège monté par X. Version officielle : Boujemaâ aurait laissé un petit mot écrit en arabe pour expliquer à sa famille qu'il “quittait le pays pour l'étranger”. Le problème, comme tous les témoignages de ses amis le confirmeront plus tard, c'est que le disparu n'écrivait jamais en arabe... Bref, Boujemaâ Habbaz disparaît à jamais et lorsque son père se présente pour signer le document attestant de sa disparition, on lui répond sèchement : “Il n'y a ni rapport à signer, ni disparition. Ceux qui ne sont pas d'accord risquent de connaître le même sort que Habbaz”. L'un des derniers témoins à avoir aperçu Habbaz vivant subit, à son tour, d'autres pressions pour garder le silence... Détail : Boujemaâ Habbaz, de son vivant, a été parmi les premiers à appeler à la constitutionnalité du tamazight et à son apprentissage à l'école. Il était titulaire d'un doctorat soutenu à la Sorbonne, où il démontrait qu'une langue (amazighe en l'occurrence) ne pouvait prétendre à la reconnaissance officielle sans la pression du contexte politique. Qui oserait aujourd'hui le contredire ?

1981. Ne le dites pas en arabe
Il est arrivé que le comité de rédaction de la revue “Amazigh” s'attaque, en langue française, à certains sujets sensibles (Histoire du Maroc, droits culturels amazighs, etc) sans être embêté par le Makhzen. Mais pas lorsqu'il le fit en langue arabe. La revue fut alors saisie et les membres du comité de rédaction arrêtés. Le fait que le directeur de la publication fut Ouzzine Aherdane, le propre fils de Mahjoubi Aherdane, un fidèle du Makhzen, n'y changera rien. L'article incriminé était signé par le célèbre poète et militant amazigh Ali Sedki Azaykou. Sans doute lui reprochait-on, alors, d'utiliser le terme “invasion” en parlant de l'entrée de l'islam au Maroc. Azaykou avait également demandé la révision de l'Histoire du Maroc et la réhabilitation du tamazight comme langue nationale. Un peu excessif, peut-être, pour une époque où le Makhzen devait faire face aux derniers gauchistes... et aux martyrs de la baguette (Chouhadae Koumira, en référence aux événements de Juin 1981 à Casablanca). Résultat : Ali Sedki Azaykou fut arrêté et condamné à un an de prison, qu'il passera au pénitencier de Rabat.

1982. les caractères qui fâchent
Le militant amazigh Hassan Idbelkacem avait déjà connu la prison au début des années 70, pour son appartenance à l'organisation du 23 Mars. Mais il n'aurait jamais cru que ce sont les caractères tifinagh qui allaient le conduire, une nouvelle fois et une décennie plus tard, dans les geôles. En réalité, l'écriteau (en tifinagh) que l'avocat Idbelkacem avaient apposé sur la porte de son bureau, n'était qu'un prétexte pour son arrestation. “J'avais installé la pancarte depuis trois mois déjà. Si on m'a arrêté, c'était en réalité à cause d'un discours que j'avais fait sur les droits culturels des amazighs”, précise l'avocat. Cela suffisait pour que trois agents de police viennent l'arrêter dans les locaux du Tribunal de première instance de Rabat, pour l'emmener au poste de police. En signe de protestation, les avocats présents à l'audience avaient alors quitté la salle. Ideblkacem fut ensuite relâché... avant d'être de nouveau appréhendé. “Ils n'avaient pas d'accusation précise. Ils avaient mis la photo de la pancarte dans le dossier et m'avaient demandé pourquoi j'écrivais avec ces caractères. Ils m'ont aussi demandé si j'ai déjà été en Algérie et m'ont confié que l'affaire était traitée en haut lieu”, se rappelle le fondateur de l'association Tamaynut.

1994. Hassan II prend la mesure de la question amazighe
Dans une manifestation de la CDT, à Errachidia, le 1er mai 1994, un groupe de militants de l'association Tililly (Liberté) brandissent des panneaux rédigés en tifinagh, appelant à “la constitutionnalité du tamazight comme langue nationale, son intégration dans l'enseignement et dans les médias publics”. Immédiatement, Ali Ikken, Ali Harcherras, M'barek Ettaouss et Darouich sont arrêtés et présentés comme les instigateurs de la manifestation. Après un procès pour lequel l'association a mobilisé plus de 200 avocats, et qui eut un écho au-delà des frontières marocaines, les accusés furent condamnés à deux ans de prison ferme, pour “atteinte à l'ordre public”. Ils n'en effectueront que 6 mois environ, après que Hassan II a amnistié tous les prisonniers politiques en 1994. Il est clair, alors, que le monarque a définitivement pris la mesure de la “problématique berbère”. Quelques mois plus tard, le discours du 20 août est justement consacré, et pour la première fois, à la question amazighe. Dans son allocution, le défunt monarque va jusqu'à déclarer que “le sang amazigh coule dans les veines de tous les Marocains”. Il était temps.

1995. Qui a tué Cadi Kaddour ?
Peu d'informations existent autour de l'accident qui a coûté la vie au militant amazigh Cadi Kaddour. Mais certains détails semblent renforcer la théorie du complot. Ainsi, le récit officiel affirme que la voiture de Kaddour avait quitté la route dans la région de Bouknadel, dans la banlieue de Salé, avant de s'encastrer dans un arbre. Mais Saïd Baji assure que “la roue arrière avait disparu et la voiture était endommagée de l'arrière ! Ces détails rappellent l'accident qui a coûté la vie au militant amazigh Mouloud Maamri en 1989 à Aïn Defla, dans la zone frontalière entre le Maroc et l'Algérie”. Cadi Kaddour fut l'un des premiers à appeler à “l'unification et à la codification du tamazight”.

2006. Jamais sans mon drapeau
Le 4 novembre 2006, Sadek Abdellah, surnommé Azenzar (rayon de lumière en berbère), l'un des plus célèbres supporters du Hassania d'Agadir, se prépare à prendre le départ vers Rabat, où se tient la finale de la coupe du trône HUSA - OCK. Il est alors apostrophé par des éléments de la police qui lui arrachent... le “drapeau amazigh” qu'il a choisi comme moyen de supporter les couleurs du Hassania. Azenzar est conduit au poste de police le plus proche, où il est soumis au feu des questions traditionnelles (“Qui es-tu ? Pourquoi ce drapeau ? Où l'as-tu fabriqué ?”, etc.) avant d'être relâché. Le message, toujours d'actualité, est le suivant : “Aujourd'hui, on peut débattre de la question amazighe, mais certainement pas sur les terrains de football”. Reçu cinq sur cinq.
La Source: http://www.telquel-online.com/260/maroc4_260.shtml
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# Posté le mercredi 21 janvier 2009 14:30

Sommes-nous arabes papa ?

Sommes-nous arabes papa ?
Sommes-nous arabes papa ?



Cette question posée par mon fils me pris au dépourvu . Pourrais-je me contenter d'une simple réponse évasive ? Oserais-je mentir à cet enfant qui est le mien et l'induire en erreur comme le fut tout un peuple suite aux mensonges de certains gouvernants ?

Je sais que mes parents et grands parents ont été faits français musulmans par le colonisateur français , j'ai été fait algérien arabe par ceux qui ont pris le pouvoir mais suis-je vraiment un arabe et mon fils peut-il l'être ?


Ais-je le droit de renier mes ancêtres ? M'est-il permis d'ignorer cette culture berbère dont les vestiges subsistent dans mon pays ? Pourrai-je ne pas entendre ces chansons fredonnées dans une langue que l'on veut faire disparaître ?Ma conscience me pardonnera-t-elle d'ignorer le combat mené par ces valeureux hommes et femmes du Djurdjura qui empêchèrent les envahisseurs de tout bords d'effacer toutes traces de la civilisation de nos ancêtres ?

Honte à ces dirigeants qui ont osé mentir à tout un peuple en lui faisant croire qu'il est arabe alors que les vestiges du passé et l'histoire prouvent le contraire .Je refuse de mentir à mon fils qui fait partie d'une nouvelle génération , je ne peux pas me permettre un mensonge grossier à cet enfant d'un nouveau millénaire qui d'un simple clic de souris découvrira face à son écran toute la vérité.

Ceux qui ont menti à ce pauvre, peuple ignorant malgré lui ,pensaient-ils qu'un jour viendrait où cet odieux mensonge serait dévoilé ?Pourquoi avoir menti à des millions d'algériens ? Est -ce du léche-bottes au monde arabe ? N'ont-ils pas eu honte de renier la culture , la langue et la civilisation berbère qui est celle de nos ancêtres au profit d'une civilisation venue des fins fonds de l'Arabie ?

Pour répondre à mon fils je lui ai montré le tableau synoptique des civilisations et cultures d'Afrique du Nord Avant -2000 Civilisation berbère, Égypte antique-2000 à -1000 Civilisation berbère, Égypte antique-1000 à -500 Civilisation berbère, Égypte antique500 à -1 Civilisation berbère, Civilisation carthaginoise, Rome antique1 à 500 Civilisation berbère, Empire romain500 à 1000 Civilisation berbère, Civilisation arabe1000 à 1500 Civilisation berbère, Civilisation arabe1500 à 2000Civilisation berbère,
Civilisation arabe
http://fr.wikipedia.org/wiki/Naissance_de_la_civilisation
Mon fils après avoir pris connaissance du tableau me dit « Qui sommes nous papa ? » Il est clair d'après le tableau que les berbères ont toujours été le véritable peuple d'Afrique du Nord et que les arabes ne sont apparu qu'à partir de 500 et sont donc bel et bien des envahisseurs tout comme l'on été les carthaginois , les romains ainsi que les français .Je pris le temps de réfléchir puis en souriant je dis à mon fils « Nous sommes des arabes de contrefaçon , nous sommes des arabes made in Algéria » .
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# Posté le lundi 19 janvier 2009 16:41

Intervieuw exclusive du cousin de Mohamed Ameziane

Intervieuw exclusive du cousin de Mohamed Ameziane
Intervieuw exclusive du cousin de Mohamed Ameziane


Voici l'interview d'un des meneurs de l'insurrection du Rif "Abdesallam Haddou Ameziane" le cousin à Mohamed Ameziane...

Cette enquête est menée par un journaliste appelé Pedro Canales du journal "La Razon"...

Je remercie au passage un membre de Arifino "Le Guerrier Rifain" d'avoir prit la peine de l'avoir édité car cette interview est introuvable sur le net... Bonne lecture !!!

Pedro Canales : Vous êtes l'un des protagonistes d'un évènement historique très important au Maroc et dans toute l'Afrique du Nord. Un évènement qui à affecté en son temps à l'Espagne, mais qui est très peu connu. Comme la proclamation de la république du Rif par l'émir Abdelkrim dans les années 20 avait eu une énorme répercussion internationale, la rébellion du peuple rifain à la fin des années 50 est restée occultée. Que s'est il vraiment passé durant ces évènement ? pourquoi le Rif a refusé le pouvoir néo-colonial d'alors ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Premièrement, il faut dire que le Rif n'a jamais été intégré dans la « zone Sud », c'est à dire dans la partie du Maroc occupée par la France. Le Rif n'a jamais eu un contact direct avec le Sud. Nous avons été à moitié indépendant jusqu'à l'arrivée de l'Espagne, le débarquement d'AL- Hoceima et la coalition franco-espagnole qui a détruit l'existence d'un Rif indépendant , la République d'Abdelkrim en 1926. En 1956, l'Espagne, sans nous consulter, sans nous demander si nous étions prêts pour l'indépendance ou si nous voulions nous intégrer avec le Sud, a concédé l'indépendance du Protectorat et nous donnés à Rabat.

Pedro Canales : Mais que voulait le Rif ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Nous voulions une autonomie. Avec le Maroc, mais une autonomie. Mais on ne nous a pas consultés. Ils ont fait la même chose avec le Sahara. Nous, l'Espagne ne nous a jamais tenus pacifiquement sinon par la force. La seule colonisation qu'a souffert le Rif dans toutes son histoire à été celle de l'Espagne. Au début du siècle, Bou Hmara qui dominait le Nord Est marocain à partir du Oujda a essayé de s'approprier la zone rifaine d'AL- Hoceima, et sa été sa fin. C'est ce qui est arrivé à l'Espagne. A partir de Melilla, elle lançait des escarmouches, mais sans plus. Mais, quand elle a essayé d'occuper le Rif, elle a eu le désastre d'Anoual où sont mort les généraux Silvestre et Navarro.

Pedro Canales : Et alors qu'est ce qui s'est passé quand arrive l'indépendance du Maroc en 1956 ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Les marocains nous appelaient « les Espagnols ». Ils nous considéraient comme des Espagnols. Le soulèvement du Rif en 1958-1959 était pour dire au régime de Rabat « ça suffit ». Nous voulions être pris en compte. Nous ne voulions pas nous séparer du Maroc, nous voulions qu'on nous donne une autonomie pour que nous puissions décider de notre destin. Au début de l'indépendance, tous les fonctionnaires, caïds, commissaires et gouverneurs, nommés par Rabat étaient originaires du Sud.

Pedro Canales : L'objectif du soulèvement était donc de revendiquer l'autonomie mais à l'intérieur du royaume du Maroc ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Oui, oui. C'était ça l'objectif : l'autonomie dans le Maroc. Mais, ils ne nous ont pas écoutés, ils n'ont pas fait attention à nous, ils n'ont pas voulu négocier avec nous. Ils ne nous restaient alors qu'une seule alternative.

Pedro Canales : Laquelle ?

Abdeslam Haddou Ameziane : L'indépendance n'était pas possible, la République du Rif n'était pas possible. Nous avons alors pensé à demander une autonomie du Rif à l'intérieur de l'Espagne. Le Maroc ne voulait rien savoir, alors il ne nous restait plus comme alternative qu'à retourner à ce qu'on appelait « la mère patrie », c'est à dire une autonomie du Rif à coté de l'Espagne.

Pedro Canales : Et vous avez négocié avec le régime de Rabat avant de prendre cette décision ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Oui. Rabat a envoyé plusieurs hauts responsables militaires au Rif pour discuter avec nous. Ils voulaient que nous rendions les armes et qu'on discute après. Mais nous n'avons pas accepté , parce ce que cela signifiait : disparaître de la carte une fois pour toute, comme un génocide contre les Rrifains. Si nous avions rendus les armes et nous nous étions mis à leur merci, ils nous auraient liquidés physiquement.

Pedro Canales : Pourquoi croyiez vous qu'ils allaient vous liquidés ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Par ce qu'ils le faisaient. Au moment de l'indépendance, le parti istiqlal avait séquestré beaucoup de Rifains et il les avait fait disparaître. Jusqu'à aujourd'hui, on ne sait rien d'eux. Comme nous n'étions pas d'accord avec l'Istiqlal, il kidnappait nos hommes. L'exécuteur de cette « sublime » stratégie était Mehdi Ben Barka. A l'époque, j'étais inspecteur de police. Les équipes de Ben Barka séquestraient des Rifains, puis elles les emmenaient au commissariat, les maltraitaient , les torturaient et après les faisaient disparaître.

Pedro Canales : Ils ont fait ça à qui ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Aux dirigeants Rifains du parti Maghrib al Hor, le parti du “Maroc libre”.

Pedro Canales : Qui avait fondé ce parti ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Il avait été fondé par un Rifain qui avait été ministre sous Garcia Valino(dernier haut commissaire espagnol au Maroc espagnol) il s'appelait Cheikh Zazioh- il y'avait aussi avec lui le président du haut tribunal de justice du Makhzen dans la zone Nord, Cheikh Ameziane, mon frère

Pedro Canales : Et le parti de l'istiqlal était contre le parti du Maghrib al Hor ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Oui, ils attaquaient, ils séquestraient nos militants et nos sympathisants. Après ils les faisaient disparaître. D'ailleurs, ils ont fait disparaître les militants du parti de Mohamed Ben Hassan Ouazzani.

Pedro Canales : Pourquoi l'istiqlal a fait cela ?-

Abdeslam Haddou Ameziane : Parce que c'était le parti unique, et il voulait le rester. Mais, il était d'accord avec le roi. Ils voulaient que les Rifains se soumettent.

Pedro Canales : Mais il n'y avait aucun Rifain dans l'istiqlal ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Non, à cette époque, aucun Rifain ne serait allé avec ce parti...aujourd'hui les choses ont changé.

Pedro Canales : Quand est ce que les Rifains ont décidé de se soulever en armes ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Quand Mohamed Ameziane, mon défunt cousin, est sorti de la prison de Kénitra. Il était séquestré là-bas par la bande de Skhouri que dirigeait Ben Barka, qui était alors le président exécutif de l'istiqlal. Mohamed Ameziane avait été emprisonné pendant deux ans dans cette prison. Quand il est sorti, nous avons organisé l'insurrection. Au début, nous voulions seulement demander nos droits. Mais comme ils ne nous ont pas écoutés, alors nous avons étés obligés de nous soulever en armes.

Pedro Canales : Abdelkrim a- t'il appuyé l'insurrection de 1958-1959 ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Oui, il nous écrivait, il nous envoyait des messagers et nous animait. Abdelkrim a appuyé le soulèvement.

Pedro Canales : Et quel rôle a joué l'Espagne dans ce soulèvement ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Un seul, celui de la trahison

Pedro Canales : L'Espagne n'a jamais essayé de vous aider ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Si, le général Galera à Sebta. J'étais présent durant l'entretien entre Omar Ameziane et le général Galera- j'étais le traducteur-Il a personnellement promis de l'aide militaire. A Melilia, le commandant général de la place nous avait aussi promis de l'aide militaire. A Melila, le commandant général de la place nous avait aussi promis de l'aide. Un bateau était parti vers Al Hoceima. Mais avant d'arriver au port, il reçu un contre-ordre et il a fait marche arrière.

Pedro Canales : Qui a donné ce contre-ordre ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Madrid, naturellement. Moi, je crois que les Etats unis ont fait pression sur l'Espagne pour qu'elle ne nous aide pas(...) Les américains avaient des bases militaires en Espagne et au Maroc. Washington a toujours protégé le Maroc. Même aujourd'hui. Comme nous n'avions plus d'armes et qu'il devenait impossible de continuer à se battre, ce fut la débandade.

Pedro Canales : Croyez-vous que si vous aviez obtenu des armes, vous auriez résisté ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Bien sûr. Les soldats marocains n'auraient jamais pu entrer dans le Rif. Ils ne savaient pas que nous n'avions pas d'armes, c'est pour cela qu'ils sont restés six mois, nous avons contrôlé tout le Rif. Les caïds, gouverneurs, commissaires, les fonctionnaires du Makhzen avaient tous fui. Nous sommes restés seuls.

Pedro Canales : Et qu'est ce qui s'est passé ?

Abdeslam Haddou Ameziane : On a commis une erreur. Nous avons attaqué les postes frontières du gouvernement de Rabat et il se sont rendu compte que nous n'avions pas d'armes. Alors ils sont intervenus.

Pedro Canales : Ils ont bombardé le Rif ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Oui, avec l'aide de la France. En réalité, ce sont les français qui ont bombardé le Rif. A l'époque, le Maroc n'avait pas de pilotes et presque pas d'avions. C'étaient des pilotes français. Le Maroc venait d'avoir son indépendance et on ne peut pas former un pilote d'un « Mirage » ou d'un « Phantom » en deux ans. Après les bombardements français, les marocains ont décidé de débarquer à Al Hoceima.

Pedro Canales : Au Maroc, personne ne vous a aidé ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Non. Ni l'armée de libération nationale (ALN) ni personne. Le Sud n'a pas bougé.

Pedro Canales : Et les algériens ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Même chose. Pourtant, le Rif avait toujours aidé les algériens. Chez nous, il y'avait des camps d'entraînement pour les combattants algériens. Combien de fois, les familles Rifaines ont vendu des biens pour venir en aide à la révolution algérienne ? une infinité de fois.

Pedro Canales : Et alors vous avez fui ? comment avez vous fait pour quitter le Rif ?

Abdeslam Haddou Ameziane : J'ai fait sortir quelques Rifains par Sebta. Cheikh Ameziane, Sarraj, un parent d'Abdelkrim originaire d'Ajdir, un gouverneur, un caïd et quelques policiers qui étaient avec moi. Et comme les autorités Espagnoles ne voulaient pas que nous restions à Sebta, elles ont amené ici, à Alméria.

Pedro Canales : Et le chef de l'insurrection ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Il est resté trois mois de plus dans le Rif, à combattre et se cacher. Il y'avait toute une armée derrière lui. Finalement, il a pu s'échapper vers Melilia, et de là il a été transféré à Séville. Il est resté un temps dans cette ville, et après, les Espagnols lui ont donnée un passeport et il pu voyager au Caire où il s'est réuni avec Abdelkrim.

Pedro Canales : Et vous, vous êtes restés en Espagne ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Nous n'avions pas le choix. Beaucoup d'entre nous, voulaient partir en Egypte, Mais les Espagnols ne voulaient pas.

Pedro Canales : Pourquoi ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Ils nous répondaient que nous étions des amis de l'Espagne et qu'il n'y avait pas de raison pour que nous quittions le pays.

Pedro Canales : L'Espagne a t'elle participé à l'écrasement de votre insurrection ? Abdeslam Haddou Ameziane : Non, mais elle nous a trahi. Elle nous avait promis de l'aide et elle n'a pas tenu parole.

Pedro Canales : Qu'est ce qui a changé dans le Rif plus de quarante ans après votre insurrection ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Rien, les Rifains n'ont que ce que leur à laissé l'Espagne. Il n'y a pas de routes, pas d'infrastructures, pas d'autoroutes, pas d'industries. Ils vivent toujours dans la misère et il n'ont pas profiter des ressources naturelles qu'offre leur terre. Dans le Rif, il n'y a que des vieux, les jeunes sont partis en Europe.

Pedro Canales : Quand Mohamed VI est monté sur le trône, il a fait un voyage dans le Rif. Il est passé par Ajdir. A t'il réveillé une quelconque illusion ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Non. Nous les Rifains, nous ne croyons pas aux miracles. Il a fait le geste mais sans plus. Mais, il faut dire que la faute de tout ce qui se passe dans le Rif incombe aussi au socialiste Abderhman Youssoufi.

Pedro Canales : Croyez vous qu'il n'a rien fait ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Il n'a rien fait du tout. Il a fait plus pour le Sud que pour le Nord.

Pedro Canales : Cependant il est de Tanger !

Abdeslam Haddou Ameziane : C'est un opportuniste.

Pedro Canales : Vous l'avez pourtant connu.

Abdeslam Haddou Ameziane : Oui, quand j'étais étudiant. Les socialiste, au Maroc comme en France ou en Espagne, parlent beaucoup mais ne font rien. Youssoufi a même rendu hommage au roi Hassan II. Et dire que cet homme a passé une grande partie de sa vie en exil à cause de l'ancien souverain.

Pedro Canales : Et vous, vous n'auriez pas rendu hommage à Hassan II ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Non !!!

Pedro Canales : A l'époque de Hassan II, il y'a eu une tentative pour créer une fondation Abdelkrim dans le Rif mais Rabat l'a stoppé.

Abdeslam Haddou Ameziane : Tout ce qui a une relation avec Abdelkrim, ou avec les Rifains est banni au Maroc. Pourtant ne nous sommes ni des séparatistes, ni des terroristes. Ce qu'on veut, c'est une autonomie, un gouvernement local qui puisse développer la région. Ce que nous voulons, c'est exactement ce qu'est en train d'offrir Rabat aux Sahraouis.

Pedro Canales : Ne croyez vous pas que le Maroc vit aujourd'hui un processus démocratique ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Vous le voyez où, vous, ce processus démocratique ? Les prochaines élections seront gagnées par les monarchistes et les socialistes encore une fois.

Pedro Canales : D'après vous, quelle est la raison du retrait de l'ambassadeur marocain ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Le conflit du Sahara. Le Sahara a du pétrole, des minerais, du phosphate, de la pêche et des richesses. Tout ça, le Maroc ne le lâcheras jamais. Les Sahraouis n'auront jamais l'indépendance par ce que le Maroc est appuyé par les Etats-Unis et la France.

Pedro Canales : Et la solution ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Si les Sahraouis étaient intelligents, ils accepteraient l'autonomie. Ils sortiraient gagnants. Ils n'obtiendront jamais l'indépendance. Ils sont trop peu. Ils ne peuvent pas battre un pays de 30 millions d'habitants avec une armée très puissante. Ah ! si le Maroc pouvait nous offrir l'autonomie, faut pas rêver !!!!

Pedro Canales : Le Maroc est en train de mettre sur place un processus de régionalisation.

Abdeslam Haddou Ameziane : Si il y'a autonomie, je ne la verrais pas de mon vivant. Et en plus, je ne fais pas confiance aux déclarations, il faut des faits, de l'action réelle.

Pedro Canales : Pourquoi vous ne rentrez pas au Maroc ?

Abdeslam Haddou Ameziane : Je ne sais pas ce qui va se passer. J'étais inspecteur de police et j'ai déserté avec d'autres compagnons quand l'insurrection a commencé. Je n'ai pas la moindre garantie positive qui puisse assurer mon retour en Espagne.

Propos recueillis par Pedro Canales pour la « Razon

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# Posté le mardi 24 juin 2008 17:49

اختفاء المفكر الأمازيغي بوجمعة هباز:أين الحقيقة؟

اختفاء المفكر الأمازيغي بوجمعة هباز:أين الحقيقة؟
رشيد نجيب

Sunday, June 01, 2008

بحلول 19 أبريل 2008، تكون قد مرت 27 سنة على الاختفاء المفاجئ للمفكر الجامعي الأمازيغي بوجمعة هباز، هذا الأخير الذي لم يظهر له أثر منذ 1981. وبالرغم من ورود اسمه ضمن لوائح " المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان" الخاصة بالمختطفين المجهولي المصير، فإن " هيأة الإنصاف والمصالحة" - التي رأسها الراحل إدريس بنزكري- أنهت أشغالها وقدمت تقريرها النهائي للسلطات العليا في 07 يناير 2004 دون فك خيوط الكثير من الملفات الحقوقية الخاصة بالانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان، ومن ضمنها قضية بوجمعة هباز التي بقيت معلقة حتى إشعار آخر.


من يكون إذن بوجمعة هباز؟ ما هو الخطر الذي كانت الأجهزة الأمنية تعتقد أنه يشكله على النظام؟ ماذا عن الملابسات والظروف التي اختفى أو بالأحرى اختطف فيها بوجمعة هباز؟ ما هي التطورات والمستجدات التي عرفها ملف الكشف عن مصيره؟ أين الحقيقة في كل ذلك ؟


سيرة حياة


يتحدر بوجمعة هباز من منطقة ورزازات حيث ازداد في قرية بوتازولت القريبة من منجم إيميني سنة 1943. تابع تعليمه في مرحلته الإبتدائية ببلدته وفي مرحلته الثانوية بثانوية محمد الخامس بمراكش، قبل أن يلتحق بمدرسة تكوين المعلمين بذات المدينة سنة 1961 والتي تخرج منها كمعلم للغة الفرنسية ليتم تعيينه بمنطقة إيمي ن تانوت. كان من ضمن زملائه في مركز التكوين كل من: المرحوم علي صدقي أزايكو ( أستاذ التاريخ والعضو السابق بالمجلس الإداري للمعهد الأمازيغي)، أحمد التوفيق ( وزير الأوقاف والشؤون الإسلامية حاليا)، عبد الله بونفور ( أستاذ اللسانيات بالمعهد الوطني للغات والثقافات الشرقية بباريس والأستاذ السابق بالمعهد المولوي)، عبد الغني أبو العزم ( العضو سابقا بحركة إلى الأمام والقيادي السابق بكل من منظمة العمل والحزب الاشتراكي الديمقراطي)، عبد الفاضل الغوالي ( المفتش الممتاز بوزارة التربية الوطنية) فيما كانت إدارة المدرسة موكولة للأستاذ عبد السلام ياسين (مؤسس وشيخ جماعة العدل والإحسان المحظورة).


في سنة 1965، التحق بوجمعة هباز بكلية الآداب والعلوم الإنسانية بالرباط حيث حصل على شهادة الإجازة في اللغة الفرنسية والتي خولت له الاشتغال بثانوية مولاي يوسف بالرباط. بعد ذلك استفاد سنة 1973 من منحة دراسية بجامعة السوربون الفرنسية ضمن المنح المخصصة للبعثات العلمية المغربية قصد إعداد بحوث ودراسات أكاديمية في مجال اللسانيات. وتحت إشراف الباحثة الفرنسية دونيز فرانسوا، قام بإنجاز أطروحة لنيل دكتوراه السلك الثالث في إطار وحدة الدراسة والبحث في اللسانيات العامة والتطبيقية سنة 1979 في موضوع: " مقولة الجهة في الأمازيغية تاشلحيت المغرب، منطقة إيميني (مراكش- ورزازات)".


نضال ثقافي والتزام سياسي


فور انتهاء رحلته الدراسية لباريس، عاد بوجمعة هباز إلى كلية الاداب بالرباط تنفيذا لعقد العمل الذي يربطه وإياها. غير أن الأستاذ سعيد باجي يشير في كتابه "مختطف بدون عنوان" (2006) إلى أن هناك " تضارب للشهادات حول ما إذا اشتغل موسم 1980-1981 أستاذا محاضرا في اللسانيات". في حين أن الأستاذ إبراهيم أخياط يورد في كتابه "رجالات العمل الأمازيغي" (2004) أنه " بعد رجوعه من فرنسا بدأ في ترتيب أموره ليعمل كموظف في إحدى المؤسسات اللغوية بالرباط باعتباره متخصصا في اللسانيات في انتظار أن يتمكن من الحصول على كرسي جامعي، ولم تمض على هذه الوضعية أيام وقبل أن يلتحق بعمله حتى أتى خبر فقدانه". غير أن ما هو مؤكد -وحسب ما هو متوفر من وثائق شخصية لدى العائلة- هو أن بوجمعة هباز قام بتجديد بطاقة تعريفه الوطنية بتاريخ 25 يوليوز 1980 وتحمل مهنة أستاذ محاضر بعد أن عين بهذه الصفة في 21 يناير 1980 من قبل وزارة التربية الوطنية وتكوين الأطر.


أسهم بوجمعة هباز في تأسيس قيدومة الجمعيات الأمازيغية وهي الجمعية المغربية للبحث والتبادل الثقافي سنة 1967 مشاركا في تأطير الكثير من أنشطتها الإشعاعية في سلسلة من المدن المغربية: الرباط، مراكش، القنيطرة...وأشرف على إعداد المائدة المستديرة الخاصة باللغة في إطار الدورة الأولى للجامعة الصيفية بأكادير المنعقدة في غشت 1980. وبسبب ظروف معينة، فإنه لم يتمكن من المشاركة في هذه الدورة العلمية بالبحث الذي اختار له موضوع: "المقاربة النقدية للأشرطة المصورة الموجهة لشباب العالم الثالث".


ويحكي عنه الأستاذ إبراهيم أخياط قائلا: " كان بوجمعة الهباز المناضل المفقود ضمن المجموعة التي تتكون من علي صدقي أزايكو وأحمد بوكوس والفاضل الغوالي وأحمد أكواو وعلي الجاوي وعبد الله بونفور وهؤلاء جميعهم كانوا طلبة بكلية الاداب والعلوم الإنسانية بالرباط التحقوا بنا نحن أخياط إبراهيم وعبد الله الجشتيمي وعلي بنور وعمر الخلفاوي حيث كنا نمارس محاربة الأمية سنة 1965 في صفوف التجار الصغار والعمال انذاك وأسسنا فيما بعد المغربية للبحث والتبادل الثقافي وكان بوجمعة الهباز ضمن المكتب المؤسس للجمعية". ( كتاب رجالات العمل الأمازيغي، ص:33).


فضلا عن رسالته الجامعية المشار إليها، نشر بوجمعة هباز عددا من الدراسات المتخصصة في مجال اللسانيات بمجلة Traces التي أصدرها صديقه عبد الله بونفور نهاية السبعينات، من المحتمل كذلك أن تكون قد نشرت له كتابات في كل من مجلات ودوريات: أراتن، التبادل الثقافي، المناضل، أنفاس.


سياسيا، تشير بعض الشهادات إلى انتمائه لإحدى حركتي التيار الماركسي اللينيني: إلى الأمام، 23 مارس. إلا أن طابع السرية الذي يعرف به هذا التيار يجعل من الصعب التأكد من حقيقة هذا الانتماء، بيد أن ما هو مؤكد – وحسب تصريح صحافي سابق لصديقه عبد الغني أبو العزم- هو أن المعني كان متعاطفا مع حركة اليسار الماركسي اللينيني ولم يكن منتميا إليها تنظيميا بل إن كل ما هنالك هو كون علاقة تقاسم الهم النضالي التي تربطه مع قيادات التنظيم إنما تعود إلى فترة الاتحاد الوطني لطلبة المغرب.


مضمون تحرري


بالاطلاع على أطروحة هباز، يمكن ببساطة تلمس الحمولة السياسية لها، فخلالها ابتكر مفهوم "الثلث الأسطوري" حيث يرى أن:" العالم الثالث تسمية خاطئة لما يسمى دول عدم الانحياز، لهذا نفضل كلمة "الثلث الأسطوري" لأن العالم الثالث لا وجود له في الواقع، وقد جعلوا منه أسطورة حقيقية: يدعي حكام دول عدم الانحياز أنهم يتبعون حلا ثالثا، ليس رأسماليا ولا شيوعيا. في حين أن هذا الحل لم يرد تاريخيا في القرن 20: لا خيار لدول عدم الانحياز سوى حل واحد: إما اتباع الاشتراكية مع تكييفها مع الوضعيات الخاصة والتخلي عن الرأسمالية، وبالتالي اتباع الحل الثالث (لا رأسمالية ولا شيوعية) يعني خلق أسطورة تخفي الصراع بين الرأسمالية والشيوعية في بلدان "الثلث الأسطوري" والذي هو قدر هذه البلدان" (مقدمة الأطروحة).


من جهة أولى، أسس هباز لأفكاره التقدمية سواء بالنسبة للمضمون التحرري لرسالته أو لباقي كتاباته عبر كتابات اعتبرت محرمة في ذلك الزمان لا سيما التي تخص: لينين، ماركس، ألبير كامي، فرانز فانون...بنفس القدر الذي بنى فيه بحثه على خلفيات ثقافية واجتماعية وإيديولوجية وبنيوية فوقية.


ومن جهة ثانية، دخل في جدل علمي مع ثلة من المستمزغين الفرنسيين Les berbèrisants خصوصا أولئك الذي اشتغلوا مع إدارة الحماية الفرنسية، ولا سيما أندريه باصي حين قال أن " الأمازيغية لم تنتج قط لغة حضارة"Le berbère n'a jamais fourni une langue de civilisation.


وشكلت أطروحته- بتضمنها للكثير من الحقائق التاريخية والسوسيولوجية المثيرة، وتناولها للجانب الشائك في الأمازيغية، ودحضه لأراء المستمزغين الفرنسيين خاصة العسكريين منهم العاملين في إدارة الحماية- بيانا سياسيا عاما حتى قيل أن الرجل بصدد الإعداد لثورة ثقافية بالمغرب، وبصدد الإساءة لتاريخ العلاقات المغربية الفرنسية.


اختطاف وشاهد


منذ أبريل 1981، لم يظهر أثر لبوجمعة هباز. صديقه عبد الرحيم المهتدي ( صحفي بالتلفزة المغربية طرد من عمله لعلاقته بالهباز) كان آخر من رآه. وهو يروي في تقرير مفصل رفعه إلى هيئة الإنصاف والمصالحة تفاصيل اختطاف المعني من قبل المخابرات المغربية من شقته بحي أكدال الراقي. كما أن الممرضين العاملين بمستشفى ابن سينا بالرباط سبق له في إحدى شهاداتها أن أفاد بأن بوجمعة هباز سبق له أن جيء به إلى نفس المستشفى وهو مكسور العظام ومطلى بالدماء.


فهل سيتحرك المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان لكشف مصير بوجمعة هباز وغيره من المختطفين المجهولي المصير ؟


أفكار الفقيد بوجمعة هباز في سطور


* النهضة بالنسبة للمستعمرين وثقافتهم تعني لنا تدمير المستعمرات بالأسلحة وباستغلال الشعوب المستعمرة وثرواتها وأراضيها.


* اللغة ليست فقط وسيلة للتواصل، إنها كذلك وسيلة لأدلجة الطبقات والشعوب والإثنيات والأمة.


* اللغة تصلح للهيمنة الإيديولوجية من أجل استغلال الإنسان للإنسان، كما تصلح للتحرر الإيديولوجي من أجل ألا يستغل الإنسان إنسان اخر.


* على الباحث المحلي أن يتحمل مسؤولية وواجب إعادة التفكير في النظريات اللسانية وإزاحتها عن المركز وقلب هذه النظريات وخلفياتها الإيديولوجية الموروثة من النحويين الاستعماريين ومعالجة اختلافه في اتجاه النضال من أجل التحرر الوطني الثقافي والإيديولوجي للجماهير الشعبية.


* تعد معرفة لغة المستعمر من بين الأسلحة الناجعة التي يستعملها المستعمر: معرفة لغة الاخر تعني امتلاكه ثم مثاقفته ونكران لغته وفرض لغة أخرى له، وهذه الظاهرة اللغوية تسمى الابتلاع.

# Posté le mardi 03 juin 2008 18:01